Médicaments dangereux : quelles sont les alternatives ?
Par Léa Billon et Nathalie Ferron le 04/04/11
L'association de consommateurs UFC-Que Choisir demande le retrait du marché de 8 médicaments jugés dangereux. Pourquoi sont-ils sur la sellette ? Par quels produits les remplacer ?
Au mois de février dernier, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a publié une liste de 77 médicaments classés sous surveillance. De nombreux médecins n’ont guère apprécié la façon dont a été rendue publique cette liste. Parmi les produits incriminés, certains présentent de vrais risques mais d'autres sont simplement nouveaux, et par conséquent surveillés.Trouvant également cette liste confuse et disparate, Que Choisir Santé a publié un nouveau classement dans son numéro d'avril. L’association de consommateurs identifie 31 médicaments inutiles ou dangereux. Parmi eux, elle estime que 8 devraient être immédiatement retirés du marché. D’autant plus que des solutions de remplacement existent.
• L’anti-diabétique Actos
L’Actos est un médicament indiqué dans le traitement des patients diabétiques. Problème : il n’a pas fait ses preuves dans la prévention des complications du diabète tout en présentant des effets secondaires graves. "Ce médicament augmente les risques de cancer de la vessie et d’insuffisances cardiaques", précise le Dr Philippe Foucras, président du Formindep, une association qui milite pour une formation et une information médicales indépendantes. L’Actos appartient à la même famille que l’Avandia, médicament retiré du marché en 2010.
Solutions alternatives : Son retrait du marché ne poserait pas de problème. Plusieurs alternatives existent comme la metformine (utilisée depuis 1960) et la glibenclamide, deux médicaments qui ont fait leurs preuves dans le traitement du diabète.
• L'anti-inflammatoire Arcoxia
Arcoxia est un anti-inflammatoire prescrit pour soulager les douleurs articulaires et liées à l’arthrose. Il fait partie de la famille des coxibs, médicaments autorisés en 2008 par l’Afssaps après un long parcours et beaucoup d’hésitations. Les risques de l’Arcoxia sont apparenté à ceux du Vioxx, un médicament retiré du marché en 2004 après avoir provoqué 30 000 morts rien qu’aux Etats-Unis. Ses effets secondaires sont importants au niveau cardio-vasculaire (hypertension artérielle, oedèmes et insuffisance cardiaque congestive). L’Arcoxia a été interdit en 2007 aux Etats-Unis. Solutions alternatives : "Dans cette classe de médicaments, nous avons d’autres molécules à notre disposition. L’ibuprofène, le diclofenac ou le paracétamol ne posent pas ce type de problème", explique le Dr Chartier, généraliste à Paris. L’ibuprofène est le plus ancien et celui présentant le moins d’effets indésirables.
• L'anti-inflammatoire Nexen
Nexen est un anti-inflammatoire non stéroïdien. Il est accusé de provoquer des hépatites parfois mortelles et de ne pas avoir fait la preuve de son efficacité.
Solutions alternatives : "Comme pour l’Arcoxia, il existe d’autres types d’anti-inflammatoires efficaces et qui ne présentent pas ces inconvénients pour traiter la douleur", souligne le Dr Chartier. L'ibuprophène et le naproxène sont ceux qui présentent le moins d'effets indésirables. "Les anti-inflammatoires ne guérissent pas mais diminuent les symptômes. Ils doivent être pris en quantités raisonnables", rappelle Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de la revue Prescrire.
• L'anxiolytique Equanil
Il s’agit d’un anxiolytique utilisé dans l’aide au sevrage pour les personnes alcooliques. Il provoque de nombreux effets indésirables et serait notamment responsable de tendances suicidaires. Son efficacité n’est pas vraiment reconnue et il interagit mal avec d’autres médicaments sans être plus efficace que les benzodiazépines classiques Solutions alternatives : "Pour ce type d’indications, nous pouvons opter pour d’autres familles d’anxiolytiques de type Valium, par exemple" précise le Dr Combier, président de l'Union nationale des omnipraticiens français (Unof).
• Hexaquine, pour soulager les crampes
L'Hexaquine est utilisé pour soulager les crampes. Ses effets secondaires peuvent être graves -comme la baisse des plaquettes dans le sang- voire mortels. "Le jeu n’en vaut pas la chandelle", analyse le Dr Foucras. Certes, avoir des crampes est douloureux mais cela reste sans gravité.Solutions alternatives : "Je ne prescris plus ce traitement depuis longtemps mais certains patients me le demandent parce qu’il les soulage", explique le Dr Combier. "Nous sommes un peu démunis pour traiter ces symptômes, souligne le Dr Chartier. Mais je préfère demander aux patients concernés de bien s’hydrater et de faire des étirements plutôt que prendre des risques inutiles avec ce médicament".
Pour Bruno Toussaint (de la revue Prescrire), "le paracétamol, à des doses raisonnables, peut être utilisé pour soulager les crampes."
Il peut aussi être intéressant d'en rechercher les causes avec son médecin et de les traiter. Un manque de potassium, par exemple, peut être responsable de crampes.
• L'antidépresseur Valdoxan
Valdoxan est un antidépresseur récent (2009) à l’efficacité controversée. Il est accusé de provoquer des effets secondaires parfois graves (tendance à détruire les cellules hépatiques). Chez les animaux, il augmente le risque cancérigène. Solutions alternatives : Les médicaments ne sont pas toujours efficaces contre la dépression. Le soutien des proches et des professionnels de santé est aussi trsè important. "Aussi, il faut être sûr que l'on traite bien une dépression, ajoute Bruno Toussaint. Un chagrin d'amour, un deuil, une baisse de moral font partie des difficultés passagères de la vie". Si toutefois le patient souhaite une solution médicamenteuse, la Valdoxan peut être remplacé par les antidépresseurs imipraminiques (notamment la clomipramine) et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) classiques (paroxétine, fluoxétine etc.)
• L'antidépresseur Zyban
À l’origine, il s’agit d’un antidépresseur. Ce dérivé amphétaminique a ensuite été proposé comme indication d’aide au sevrage tabagique. Controversé sur son efficacité jugée modeste, il pose aussi problème quant à ses nombreux effets secondaires : idées suicidaires, insuffisances respiratoires, anévrisme, troubles neurologiques et cardiovasculaires... "Le patient qui souhaite arrêter de fumer doit pouvoir bénéficier d’une prise en charge et d’un soutien thérapeutique, mais ce type de traitement ne me paraît pas approprié", souligne le Dr Combier. Solutions alternatives : Les substituts nicotiniques donnent aussi de bons résultats sans prendre de risques.
• Vastarel,
pour traiter vertiges et acouphènes Vastarel est un médicament commercialisé en France depuis 1965. Il est proposé dans diverses indications : angine de poitrine, vertiges, acouphènes. Problème : il peut provoquer des syndromes parkinsoniens, des thrombopénies (baisse des plaquettes sanguines), des malaises, etc. Sans avoir démontré aucune efficacité. "C’est un médicament de confort. Il est plutôt prescrit par les médecins ORL et les ophtalmo", explique le Dr Combier. "Il est emblématique d’une époque où la médecine voulait soigner chaque plainte par un médicament, rappelle Dr Chartier. En réalité, on ne sait pas bien ce qu’il soigne".
Solutions alternatives : "Il n’existe pas de traitements médicaux contre les vertiges et les acouphènes. Mais le Vastarel n’a jamais prouvé son efficacité, tout en faisant prendre des risques énormes aux patients", assure Philippe Foucras.
"Des solutions placebo telles que l'homéopathie valent le coup d'être essayées, indique Bruno Toussaint. Comme pour les crampes, il est bon de chercher les causes de ces symptômes avec le médecin traitant".
NDLR : Les Drs Chartier, Combier, Foucras et Toussaint déclarent leur absence de lien d'intérêt avec des firmes commercialisant des produits de santé.
Ces dernières années, la recherche sur le diabète a fait des bonds en avant, ce qui a débouché sur une prise en charge plus efficace des patients. Le point sur ces pistes nouvelles.
POUR MIEUX COMPRENDRE
La pompe à insuline externe, comment ça marche ?
Plus besoin de sortir les seringues chaque jour, la pompe délivre l'insuline selon les indications du patient, qui règle lui-même le dispositif. La pompe à insuline De la taille d'un téléphone portable (et a piles) elle permet de délivrer des doses précises et continues d'insuline, via le cathéter (sonde)
Celui-ci relie la pompe et l'aiguille insérée dans la peau et maintenue par un patch
NOTRE EXPERT
Pr Patrick Vexiau chef du service de diabétologie a l'hôpital Saint-Louis a Paris :
Le diabète est devenu une véritable épidémie touchant plus de 285 millions de personnes à travers le monde En France, plus de 5 % de la population est concernée, soit près de 3,5 millions de personnes.
Plus de 90 % des malades sont atteints de diabète de type 2, une maladie en relation avec l'excès de poids et
la sédentarité. On estime par ailleurs que 600000 personnes vivent avec un diabète sans le savoir Or un diagnostic précoce permet un meilleur suivi et diminue le risque de complications À condition de bien suivre
son traitement, ce qui n'est pas toujours évident.
Pourra-t-on se passer des injections d'insuline ? Les injections quotidiennes sont indispensables pour traiter le diabète de type I, dit insulinodépendant. Elles font aussi partie du traitement dans 15 a 20 % des diabètes de type 2. Contraignantes, mais efficaces, ces piqûres devraient rester pour bon nombre d'années encore le principal mode de traitement de ces patients, Ce qui peut changer leur vie, en revanche, c'est le recours plus important aux pompes à insuline. Ces dispositifs qu'on porte en permanence et qui simplifient les injections ne cessent de s'améliorer On teste actuellement des systèmes qui permettent de mesurer en continu le taux de glucose via un patch posé sur la peau. Ce qui simplifierait davantage le fonctionnement de ces pompes.
L’insuline
A quand l'insuline en spray ou en comprimés ? L'idée de fabriquer une insuline en spray nasal est née il y a plus de vingt ans,mais cela n'a pas fonctionné. En revanche, l'inhalation par voie pulmonaire s'est révélée efficace, mais il y a eu des doutes sur son innocuité. Des risques de cancer des voies respiratoires ont été pointés et, là aussi, les recherches ont été abandonnées. Quant aux comprimés à prendre par la bouche, leur avenir semble pour l'instant limité. Pour traiter un patient, il faut utiliser beaucoup plus d'unités d'insuline qu'en injection.
L'insuline étant en partie détruite lors de la digestion, il faut donc la protéger par des conditionnements
spécifiques dont le rendement reste encore trop faible. Sera-t-il possible un jour d'en guérir?
Actuellement, seule la greffe de pancréas permet de guérir la maladie. Il s'agit d'une intervention très
lourde, et réservée pour cette raison aux seuls diabétiques insulinodépendants qui présentent également un
problème rénal. On effectue alors une double greffe, rein et pancréas. Celle-ci ne concerne que quèlques
dizaines de personnes chaque année. Après l'intervention,les patients doivent toute leur vie prendre un traitement antirejet. N'y a-t-il pas une alternative à la greffe de pancréas?
Lavenir, ce sont les greffes d'îlots de Langerhans, ces zones du pancréas responsables de la sécrétion d’insuline à partir d'un donneur sain, elles sont transplantées dans le foie du patient et permettent en général d'arrêter les injections d'insuline. Malheureusement, elles ne sont pas définitives et finissent par être détruites par l'organisme. On devrait néanmoins arriver dans les prochaines années à améliorer la durée de vie de ces greffes. Un premier pas vers la thérapie cellulaire du diabète, qui consisterait à greffer au malade des cellules souches capables de sécréter l'insuline. On parle aussi de greffe de moelle? En 2009, des médecins américains
et brésiliens ont traité des diabétiques insulinodépendants par une greffe de moelle. Au tout début de la maladie, on leur a prélevé de la moelle osseuse, riche en cellules souches immunitaires que l'on a ensuite irradiées. Les rayons ont détruit les cellules immunitaires responsables de la destruction des cellules pancréatiques qui produisent l'insuline.
Plusieurs antidiabétiques ont été retirés du marché Après le retrait si tardif du Mediator®, l’Association française des diabétiques a mis en place une pétition pour demander plus de transparence dans les études, les circuits de contrôle, la validation des essais cliniques et la mise sur le marché des médicaments. En septembre dernier, un autre médicament pour le diabète, la rosiglitazone (Avandia®, Avandamet®), avait aussi été retiré du marché après huit ans d'utilisation. Indiqué en complément des autres traitements de la maladie, ce produit exposait à un risque accru d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral. Il avait été autorisé sur un critère biologique, sa capacité à faire baisser la glycémie, et remboursé. La revue « Prescrire » avait estimé à l'époque une absence de progrès thérapeutique. Ce qui a permis de stopper l’évolution du diabète. Puis, on a redonné aux patients leur propre moelle, qui avait été mise de côté. Objectif de la manœuvre: reconstituer leur système immunitaire avec des cellules qui ne détruisent plus leur pancréas et induire la régénération des cellules capables de fabriquer de l'insuline. II s'agit donc d'un traitement complètement différent de la greffe d'flots.
IL Y A DEUX TYPES DE DIABETE
Le diabéte de type 1
ll s'agit d'une maladie du système immunitaire qui détruit certaines cellules du pancréas (les cellules bêta des îlots de Langerhans) chargées de la sécrétion d'insuline. Elle apparaît dès l'enfance ou chez les jeunes adultes. Les patients sont alors incapables de sécréter de l'insuline, l'hormone permettant de réguler la glycémie (le taux de sucre dans le sang). Il faut donc pallier cette incapacité par des injections quotidiennes d'insuline.
Le diabéte de type 2
ll se manifeste généralement après 40 ans chez des personnes en surpoids. l'accumulation de gras dans les organes cause une résistance à l'insuline. Celle-ci est le premier pas vers le diabète de type 2.
Peut-on prévenir la maladie? Il n'existe pas de traitement préventif du diabète de type I (auto-immun) qui survient le plus souvent au hasard dans les familles. En revanche, le diabète de type 2, qui représente 90 % des cas, survient sur un terrain génétique prédisposé. Les facteurs favorisants sont le surpoids et la sédentarité (manque d'activité physique). Toutes les études le montrent, équilibrer son alimentation, perdre du poids et augmenter son activité physique ralentissent révolution du diabète de type 2 ou retardent son apparition.
L'anneau gastrique,est-ce une solution?
On sait que la perte de poids améliore le diabète, mais il est souvent difficile chez les obèses de maintenir
une perte suffisante. D'où l'idée de faire appel à la chirurgie de l'obésité (soit pose d'un anneau autour
de l'estomac,soit by-pass gastrique), afin de réduire la taille de l'estomac et accélérer le passage des aliments
vers l'intestin. L'amélioration rapide constatée chez des patients opérés par un by-pass fait penser que l'intestin joue un rôle dans le contrôle du diabète. Ce qui ouvre la porte à de nouvelles prises en charge.
Quels progrès dans le diabète de type 2 ?
Les patients traités par insuline pourront bénéficier des avancées réalisées contre le diabète de type I. quant aux autres, is bénéficient déjà d'un arsenal thérapeutique très important, composé de traitements en
comprimés ou injectables. Depuis 2008, deux nouvelles classes de médicaments prometteurs ont été mises
sur le marché: les inhibiteurs de DPP-4 (Xélévia®, Galvus®...) et les analogues du GLP-1 (Victoza®...), qui favorisent tous la sécrétion d'insuline.
Les seconds sont des traitements qui demandent une ou deux injections quotidiennes. En 2012-2013, on devrait voir apparaître des molécules qui ne nécessitent qu'une injection par semaine. Des molécules capables de lutter centre l'hypersécrétion du glucagon (hormone impliquée dans le diabète de type 2) devraient aussi voir le j our. Enfin, on attend des avancées de l'association de plusieurs classes thérapeutiques. Des recherches
sont-elles menées pour limiter les complications ? Le diabète est la première cause de cécité avant 65 ans, la première cause d'insuffisance rénale et la première cause d'amputation non traumatique (car il provoque une perte de sensibilité prédisposant aux plaies des pieds). Dans les prochaines années, de nouvelles molécules compléteront celles qui ont aujourd'hui un effet protecteur sur le rein, d'autres encore traiteront les atteintes au niveau de la rétine. Certaines molécules protègent déjà les effets sur le coeur (autre complication grave du
diabète de type 2). En limitant toutes ces complications, on pourra être ainsi plus tolérant quant aux variations
de la glycémie. ?
CORALIE HANCOK
Le Diabète ?
Le diabète est une maladie évolutive et métabolique, se caractérisant par une hyperglycémie chronique ; c'est-à-dire un taux de glucose (sucre) dans le sang anormalement élevé.
Chez une personne saine, le pancréas secrète une hormone, l'insuline, régulant la glycémie ; c'est-à-dire le taux de sucre dans le sang. Le patient diabétique, lui, souffre d'une production inadaptée en insuline.
En termes plus « médicaux et officiels», le diabète est défini par une glycémie supérieure à 1,26 g/l (7 mmol/l) après un jeûne de 8 heures et vérifiée à deux reprises. Il est aussi défini par la présence de symptômes de diabète (polyurie, polydipsie, amaigrissement) associée à une glycémie (sur plasma veineux) supérieure ou égale à 2 g/l (11,1 mmol/L) ainsi que par une glycémie supérieure ou égale à 2 g/l (11,1 mmol/l) 2 heures après une charge orale de 75 g de glucose (critères proposés par l'Organisation Mondiale de la Santé).(12)
On dénombre deux grands types de diabète :
- Le diabète de type I : Le diabète de type I, autrefois dit insulino-dépendant" (DID), touche environ 10% des patients(1). Aussi appelée diabète "maigre" ou "juvénile", cette forme de la maladie touche particulièrement les jeunes. A l'origine de cette affection, on retrouve une destruction progressive des cellules bêta du pancréas qui sécrètent l'insuline. Lors de ce mécanisme dit "auto-immun", l'organisme fabrique, chez une personne génétiquement prédisposée, des anticorps contre son propre pancréas. Le seul traitement du patient diabétique de type I consiste en des injections quotidiennes d'insuline. La découverte d'un diabète de type I se fait souvent par la survenue de signes caractéristiques comme un amaigrissement, une soif intense, une asthénie et un besoin fréquent d'uriner.
- Le diabète de type II Le diabète de type II, anciennement appelé "diabète non insulino-dépendant" (DNID), représente environ 90 % des cas (1). Encore appelé diabète "gras" ou de "maturité", le diabète de type II apparaît généralement après l'âge de 50 ans(2). Cependant, la maladie est en constante progression chez l'enfant(3). Son expression semble être le résultat de facteurs environnementaux, essentiellement alimentaires et comportementaux (surcharge pondérale, sédentarité). Cette maladie se caractérise par une hyperglycémie, c'est-à-dire un excès chronique de sucre dans le sang. La maladie évolue de façon insidieuse et reste longtemps asymptomatique. De ce fait, de nombreux diabétiques ignorent leur état.
Le diabète de type II est la résultante de deux phénomènes :
- Dans un premier temps, un état d'insulino-résistance s'établit. L'organisme développe peu à peu une résistance à l'action de l'insuline et doit en produire une quantité de plus en plus importante afin de maintenir une glycémie constante.
- Après plusieurs années (10 à 20 parfois), le pancréas, fatigué de cette stimulation permanente, ne produit plus suffisamment d'insuline : c'est l'insulino-déficience. Les mécanismes d'insulino-résistance et d'insulino-déficience touchent particulièrement les personnes présentant une surcharge pondérale importante. Source : http://www.gsk.fr
Les ballons de baudruche se dégonflent
Les bandelettes d'autotest de glycémie seront remboursées en fonction du type de diabète. Pour les diabétiques de type 2 non insulino-dépendant, la prise en charge se fera selon un forfait défini par la Haute Autorité de Santé.
L'AFD se réjouit que le ballon d essai lancé par certains cercles du pouvoir envisageant qu’une seule bandelette d autocontrôle glycémique soit remboursée par jour aux personnes atteintes du diabète, ait éclaté. L AFD avait aussitôt réagit contre cette mesure provocatrice et inacceptable.
Devant l’ émotion considérable qu’ elle a suscitée parmi les 3 millions de diabétiques de France, la raison l'a emporté.
Les tests de glycémie sont en effet au cœur de la vie quotidienne des personnes atteintes de diabète.
C’est la stratégie médicale élaborée avec le médecin qui détermine le nombre de glycémies.
L’efficience du traitement repose sur l'autosurveillance interprétée par le patient. Sentinelle de l'équilibre, élément-clé de la responsabilisation du patient diabétique, l’autosurveillance glycémique (ASG) est également un facteur d'économie de santé car elle prévient les complications du diabète.
L’ AFD travaille avec la CNAMTS à l’ amélioration de l’ efficience de cet autocontrôle, En s’ appuyant sur les recommandations de la HAS.
La responsabilisation et l'autonomisation du patient sont directement corrélées à la qualité du dialogue avec son médecin traitant ou son diabétologue ainsi qu’à son information, éducation et accompagnement. L’observance est la résultante de l autonomie du patient et de sa façon de se projeter dans son avenir.
- L Association Française des Diabétiques se réjouit de la position raisonnée adoptée sur ce point particulier.
- L AFD interpelle les autorités de santé sur le fait que l'arrêté ministériel relatif aux actions d'accompagnement prévu par la loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST) en 2009, n'est toujours pas sorti.
- L’AFD, réitère sa proposition de débattre avec tous les acteurs du système de santé dans le but d’ améliorer
l’information, l’éducation et l’accompagnement des personnes atteintes de diabète par des actions individuelles et collectives afin d améliorer leur qualité de vie.
Comme une majorité de Français, l Association Française des Diabétiques veut continuer à croire que le système de santé solidaire est au cœur de notre contrat social de demain. Seule une gestion responsable et une augmentation des investissements conséquente permettront la concrétisation d’une réelle politique de prévention. A défaut, ce système sera condamné à l asphyxie.
Contact: Christiane VEINIERE - 01 40 09 57 68 - c.veiniere@afd.asso.fr
PLFSS : Le retour du rabot social!
Comme chaque année, le gouvernement communique par voie de presse sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Le cru 2011 renoue avec les plus mauvaises habitudes : faire payer les usagers.
Sont envisagées :
L’augmentation du ticket modérateur pour la médecine courante, l'augmentation du ticket
modérateur pour l'hospitalisation, la baisse du remboursement des médicaments à vignette bleue. Tout cela, c'est un recul de l'assurance maladie solidaire et universelle !
L'exercice d'équilibre du PLFSS est évidemment difficile. Nul ne le conteste. Mais la recherche de cet équilibre ne doit pas reposer exagérément sur les usagers. Il y a d'autres solutions.
Elles sont indiquées dans le rapport de la Cour des Comptes publié il y a une semaine mais dont la lecture n'a manifestement pas convaincu le gouvernement. Elle indique pourtant que le renoncement à certaines niches sociales permettrait largement de rééquilibrer l'assurance maladie : 178 dispositifs d’exonérations, dont 10 ont été créés entre 2005 et aujourd'hui, pourraient rapporter 67 milliards d'euros. Ça laisse rêveur : on ferait mieux de raboter les niches que le chenil !
IL EXISTE DONC DES RESSOURCES QUI PEUVENT CONCOURIR A L'EQUILIBRE DES COMPTES.
Mais, les solutions sont aussi du côté de la stratégie car si le système de santé coûte cher c'est parce qu'il est mal organisé. Des premières réponses ont été données dans la loi hôpital, patients, santé et territoires. Mais il faut aller plus loin. Il faut que le PLFSS autorise les agences régionales à regrouper les crédits hospitaliers et de ville pour une réforme véritablement efficace.
IL FAUT DONC DES STRATEGIES NOUVELLES POUR UNE MEILLEURE EFFICACITE DE LA DEPENSE.
En outre, au lieu de pratiquer des coups de rabots aveugles, on ferait mieux d'ouvrir les yeux et de traquer les dépenses inutiles. Car, il y a des soins inadéquats : pourquoi prescrit-on trois fois plus de médicaments en France que dans les pays voisins comparables (Grande-Bretagne, Allemagne), pourquoi prescrit-on deux à trois fois plus de séances de kinésithérapie dune région à une autre, pourquoi y-a-t-il dans certaines régions et dans certaines pathologies deux à trois fois plus d'interventions chirurgicales que dans d'autres ?
IL FAUT DONC DES REGULATIONS BASEES SUR L’OPPORTUNITE DES SOINS.
Enfin, si tout ne peut pas s'accepter, on peut au moins chercher à faire comprendre. A condition que l'on veuille rendre transparents les arbitrages, c'est-à-dire discuter ouvertement des enjeux et des solutions. Le CISS a clairement indiqué sa préférence pour une assurance maladie universelle et solidaire. Il a encore signé l'appel rendu public hier : www.investirsurlasolidarité.org. Dans un monde où les ressources sont contraintes, la solidarité ce sont des arbitrages. Ils doivent être justes. Nous l’ avons dit. Ils doivent être transparents pour que chacun soit convaincu qu'ils sont justes.
Il FAUT DONC UN SAUT QUALITATIF DANS LA DEMOCRATIE SANITAIRE POUR UNE PLUS GRANDE TRANSPARENCE DES DECISIONS.
La maladie est ressentie comme une injustice, la République ne doit pas l'être.
Contact: Marc Paris Responsable communication Tél. : 01 40 56 94 42 / 06 18 13 66 95
Permis de conduire pour les diabétiques!
Au nom de la sécurité des risques d'inégalités ! Une directive européenne du 25 août 2009 est entrée en application, en France, par un arrêté paru au Journal Officiel le 14 septembre 2010 et apporte des modifications
Ce qui va changer :
Pour les véhicules légers, la délivrance ou le renouvellement du permis seront conditionnés au fait de ne
pas avoir eu plus de deux hypoglycémies sévères (assistance nécessaire d'une tierce personne) au cours
des douze mois précédents. La compréhension du risque hypoglycémique sera également évaluée par les
médecins de la Commission primaire de la Préfecture. Le permis aura une durée maximale de 5 ans.
Aucun permis définitif ne sera accordé.
Même si à terme, il est prévu que le permis de conduire pour les véhicules légers ne soit plus délivré à titre définitif pour tous, la nouvelle directive européenne ayant conduit à ce décret en France, réintroduit une
discrimination à la maladie vis à vis des jeunes qui passent leur permis étant déjà diabétiques, par rapport à
ceux qui vont développer la maladie après et qui garderont le bénéfice d'un permis qui aura été délivré
pour une durée beaucoup plus longue.
Pour le groupe lourd (poids lourds et professionnels)
Plusieurs critères feront l’objet d’une attention particulière lorsque la personne suit un traitement pouvant conduire à une hypoglycémie (insuline et tous les autres médicaments oraux hypoglycémiants) : même critère de récurrence d'hypoglycémie sévère au cours des 12 derniers mois que précédemment, auto-surveillance glycémique, complications éventuelles pouvant interdire la conduite. Le permis aura une durée maximale de 3 ans.
De nombreuses questions d’application de ce nouveau texte se posent :
En effet, l'expérience nous a prouvé qu'il existe des différences très importantes d'une commission médicale préfectorale à l’autre, dans l’interprétation des critères et même dans leurs compétences sur les pathologies telles que le diabète. Ces distorsions créent de fait des inégalités inacceptables entre départements pour l'obtention ou le renouvellement du permis de conduire. L'Association Française des Diabétiques alerte les autorités compétentes sur cette réalité douloureusement constatée dans le passé et qui, compte tenu du poids renforcé du rôle de ces commissions médicales, est lourde d’injustices inacceptables d'un département à l'autre. Les personnes atteintes du diabète sont des citoyens responsables, conscients des enjeux de la sécurité
routière. Cependant, les légitimes préoccupations de sécurité ne doivent pas entraîner des discriminations
du fait de leur maladie. Cette situation conforte l'AFD dans sa détermination à poursuivre ses missions
fondamentales de défense, d'information et d’accompagnement des personnes atteintes du diabète,
toujours avec eux pour la reconnaissance de leurs devoirs et leurs droits de citoyens.
Contact : Christiane VEINIERE : 01 40 09 68 57 - c.veiniere@afd.asso.fr